juin 2014, par Mendo E L , Ntone F , Bengono Bengono R , Amengle AL , Afane E A , Metogo Mbengono JA , Ze Mikande J.

Objectif : évaluer l’anxiété préopératoire vécue par les sujets adultes admis pour chirurgie élective dans trois hôpitaux de référence de la ville de Yaoundé.
Matériels et Méthodes : Il s’agissait d’une étude prospective et descriptive, durant trois mois. Les patients étaient recrutés au CHU, à l’Hôpital Central et à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé. Etaient inclus, tous les patients de plus de 15 ans admis en consultation d’anesthésie, programmés pour une chirurgie élective, classés ASA 1 ou 2, comprenant correctement les questionnaires et ayant donné leur consentement éclairé. L’anxiété préopératoire était évaluée par l’échelle d’Hamilton, ses manifestations et sa prise en charge étaient recherchées.
Résultats : La population d’étude était de 122 patients : 78% de sexe féminin et 22% de sexe masculin. La moyenne d’âge était de 40,13 ±15,9 ans, avec comme extrêmes 18 et 89 ans. Les patients ASA 1 représentaient 59,8%. L’information donnée aux malades sur la chirurgie et l’anesthésie était partielle. L’information reçue n’était pas satisfaisante pour 29,8% des patients. L’information reçue de l’anesthésiste quant à elle n’était pas rassurante dans 13,9% des cas. Les manifestations psychiques de l’anxiété (51,6%) étaient plus fréquentes que les plaintes somatiques (49,4%). Le pourcentage d’anxieux présentant ces modifications des paramètres vitaux était faible (13,88%) pour la tachypnée, 15,27% et 9,72% pour l’élévation de la pression artérielle. Notre étude révélait que 59% des futurs opérés étaient anxieux. Le sexe, la notion de chirurgie antérieure, l’information sur les détails de l’intervention avaient une association significative avec l’anxiété. La prise en charge psychologique était appliquée à tous les patients, l’hydroxyzine était associée chez 10,7% d’entre eux. La réévaluation la veille de l’intervention révélait que 73,6% des anxieux conservaient leur niveau d’anxiété initial, 16,7% avaient des scores plus bas et 9,72% avaient des scores plus élevés.
Conclusion : L’anxiété préopératoire était retrouvée chez les futurs opérés. Le sexe, la chirurgie antérieure et la connaissance de la procédure de l’intervention influençaient sa survenue. Les manifestations psychiques étaient les plus retrouvées. La consultation d’anesthésie n’avait pas influencé significativement le niveau d’anxiété.
Mots clés : Anxiété préopératoire–consultation d’anesthésie– Echelle d’Hamilton

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