juin 2014, par Alawoe JKA , Hemou P , Rozov R , Attard O , Tounou-Akué F , Pernice B , Pastureau F , Ridray F

Objectif : L’utilisation de l’échographie en ALR est de plus en plus courante depuis une dizaine d’années. L’échographie permet de visualiser les structures anatomiques et d’administrer l’anesthésique local à proximité du nerf ; on peut ainsi éviter les complications liées aux injections intravasculaires et intraneurales. Permet-elle pour autant d’augmenter le taux de succès des blocs et d’assurer une meilleure sécurité comparativement aux autres techniques pratiquées (neurostimulation, voie trans-artérielle, recherche de paresthésies, perception de franchissement de fascia, etc) en améliorant la qualité de l’analgésie et en réduisant l’incidence des complications ?
source de données : une revue de littérature française et anglo-saxone dans les données PubMed de 2000 à 2014 a été basée sur l’utilisation des mots clés suivants : anesthésie locorégionale, échographie, anesthésique local, analgésie post opératoire, qualité d’analgésie, taux de succès, complications, satisfaction.
sélection des travaux : les articles retenus sont ceux qui donnent suffisamment d’informations et de preuves sur les indications, la technique, les résultats et les complications du type d’anesthésie locorégionale utilisée.
Extraction des données : les données utilisées concernent l’épidémiologie, l’intérêt, l’efficacité de la technique utilisée, les effets indésirables et le rapport bénéfice/risque
Synthèse : plusieurs études et méta-analyses ont comparé l’ALR échoguidée aux techniques de neurostimulation et de recherche de paresthésies. Elles montrent l’intérêt de l’échographie sur le risque de ponctions vasculaires et la réduction des doses d’anesthésique local. Elles sont moins unanimes sur le taux de succès et la fréquence de complications.
Conclusion : l’échographie permet d’administrer l’anesthésique local au contact du nerf, de diminuer les volumes d’AL nécessaires pour obtenir une analgésie efficace, d’éviter les injections intraneurales et intravasculaires. Elle permet de limiter le nombre de ponctions et d’éviter les paresthésies qui sont parfois désagréables pour le patient. Le taux de succès semble davantage lié à l’expertise des équipes qu’à l’utilisation des ultrasons. Le risque de lésions nerveuses persiste même avec l’utilisation de l’échographie. Ces lésions nerveuses sont dues à un traumatisme nerveux direct par l’aiguille, à une injection intraneurale de l’anesthésique local, à une toxicité de l’AL ou à la dilacération du nerf par surpression.
Mots clés : anesthésie locorégionale, échographie, analgésie postopératoire, complications, satisfaction.

La vie de l'Anesthésie