Pediatric emergencies of pediatric hospital area of Abomey-Calavi/Sô-Ava referred and cons-referred

janvier 2013, par Akodjènou J , Zounmènou E , Lokossou TC , Assouto P , Aguémon A.R. , Chobli M

Introduction

La situation au Bénin est caractérisée par un taux élevé de mortalité infantile. L’enquête EDS III de 2006 a trouvé un taux de mortalité néo-natale estimé à 38 décès pour 1000 naissantes vivantes, et ce taux stagne depuis plusieurs décennies [1]. Réduire ce taux de mortalité infantile demeure un objectif pertinent et passerait par l’amélioration du circuit de transfert des enfants vers les centres spécialisés. De nombreuses études ont été faites sur la référence et la contre référence pour les urgences obstétricales au Mali, au Sénégal et même au Bénin [2], mais non sur les urgences pédiatriques où l’on relève pourtant un taux élevé de morbi–mortalité infantile. Une réponse efficace dans la prise en charge des pathologies infantiles dans un contexte de ressources financières limitées et de difficultés d’accessibilité géographique nécessite un intérêt administratif particulier pour assurer les soins globaux et continus aux malades qui en ont besoin.

Patients et méthode

La référence est le transfert d’un malade d’un centre de santé à un autre plus équipé.
La contre référence est la retro-information de la référence et constitue une méthode d’enseignement.
L’hôpital de zone d’Abomey-Calavi/Sô-Ava, comme hôpital périphérique, dessert 548.674 d’habitants avec un personnel réduit, sans un service de néonatologie, pas de banque de sang. Notre étude s’est déroulée dans le service de pédiatrie de l’hôpital de zone d’Abomey–Calavi/Sô–Ava, service ayant deux pédiatres, huit infirmiers pour 6 salles d’hospitalisation de 30 lits et une salle des urgences de 4 lits. Il s’agit d’une étude rétrospective à but descriptif et analytique allant du 1er juillet au 31 décembre 2012 soit 6 mois. Tous les dossiers des enfants dont l’âge était ≤ 15 ans et référés et/ou contre-référés dans le service des urgences pédiatriques étaient inclus. Les variables étudiées étaient : l’âge, le sexe, les motifs de référence, le moyen de transport, l’heure de l’évacuation et les raisons de la contre référence. Le logiciel Epi info 6 a permis de traiter les données.

Résultats

Sur 725 cas admis au cours de la période d’étude, 244 malades bénéficiaient d’une référence pour une meilleure prise en charge soit 33,65%. L’âge moyen était de quatre ans avec des extrêmes de J0 à 15 ans. 54% des patients référés avaient entre 1 mois et 4ans et les nouveau-nés de J0 à J20 référés représentaient 31%. La tranche d’âge la plus touchée par la référence concernait les patients de 1 à 4 ans viennent ensuite les nouveau–nés de J0 – J11 puis de 1-11 mois. (Figure 1).

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Il y a une prédominance masculine avec un sex–ratio = 1,32 (Figure 2).

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1,63% des cas étaient médicalement référés. 143 patients soit 58,60% des enfants référés l’ont été entre 15H et 00H (Figure 3).

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Parmi les pathologies courantes référées, le paludisme grave représente 53,27% des cas puis les infections néo-natales et les infections respiratoires aiguës, avec respectivement 28,27% et 8,2% (Figure 4).

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64,34% des malades étaient référés dans les mois d’août et d’octobre (Graphique 5). 23,77% des patients référés ont fait l’objet d’une contre-référence.

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Discussion

Du 1er juillet au 31 décembre 2012, 725 enfants étaient admis dans le service des urgences pédiatriques dont 244 référés soit 33,65% des cas. Cette fréquence est supérieure à celle rapportée par THIERO à l’hôpital Gabriel Touré 11,5% [3]. Elle est aussi supérieure à celle rapporté par BALDE [4] en Guinée Conakry 5,82% pour une période de 10 mois. La fréquence des références est diversement appréciée, varie d’une étude à une autre et dépend du mode de recrutement et de la zone, surtout du niveau du centre dans la pyramide sanitaire et les modes de transport. Dans notre étude la fréquence élevée s’explique par la non disponibilité du produit sanguin, le manque d’un service de néonatologie et aussi le nombre réduit du personnel soignant. L’âge des enfants référés variait entre J0 et 15 ans, avec une moyenne de 4 ans. La tranche d’âge la plus touchée (54%) intéressait les enfants dont l’âge était compris entre 1 mois et 4 ans. 31% des enfants étaient des nouveau–nés de J0 à J20. Le sexe masculin prédomine avec un sex–ratio de 1.32. Le moyen de transport le plus utilisé dans notre étude était le taxi moto (communément appelé Zémidjan au Bénin), dans 71,72% des cas. 24,18% l’étaient par un véhicule personnel. 96% des enfants référés n’avaient pas d’assistance médicale pendant leur transfert. 1,63% seulement étaient transférés par ambulance. Ces résultats sont faibles comparés à ceux de SIDIKI B. GUINDO au Burkina-Faso qui retrouve 69,3% des patients transférés par ambulance et 19,80% bénéficiant d’une assistance médicale au cours de leur transfert. Ceci s’explique par le système de transport des malades, mis en place à Bobo-Dioulasso (Burkina-Faso), des maternités périphériques vers l’hôpital, et qui fonctionne grâce à Burkina secours et/ou aux sapeurs pompiers qui sillonnent la ville 24h sur 24, [5,6] système qui n’existe pas à Abomey-Calavi/Sô-Ava. Les motifs de référence les plus fréquemment rencontrés sont : le paludisme grave dans 53,27% des cas, les infections néonatales dans 28,27% des cas, les infections respiratoires aigües (8,1%), le syndrome infectieux (4,09%) et d’autres (6,14%). Le paludisme grave domine les motifs de référence. Ce taux élevé s’explique par l’état anémique sévère qui accompagne fréquemment le paludisme grave dont la transfusion nécessite la contre-référence vers un niveau sanitaire supérieur. L’hôpital de zone d’Abomey-Calavi ne dispose pas en effet d’une banque de sang. Un service de néonatologie y manque aussi et tous les nouveau-nés présentant une infection néo-natale sont également référés. 58,60% des référés l’ont été surtout entre 15H et 00H. Dans 23,77 % des cas, étaient jointes des fiches de contre référence et retournées à l’origine de la référence. SIDIKI B. GUINDO, dans son étude en 2008, ne retrouve que 71,8%, taux très élevé par rapport au notre [7,8]. D’une façon générale, les références et contre-références entraînent un retard dans les soins aux enfants et sont donc préjudiciables à leur survie. Une amélioration de la qualité de cette survie passe par une bonne organisation du réseau des références et une dotation par l’administration des services manquants.

Conclusion

Au terme de notre étude, il ressort que 33,65% des admissions en pédiatrie étaient référées. L’âge variait entre 0 jour et 15 ans avec une moyenne de 4 ans. Les deux sexes sont touchés avec un sex-ratio de 1,32. Le « zémidjan » reste le moyen de transport le plus utilisé. Le paludisme grave domine les motifs de références. La tranche d’heure de référence préférentielle est située entre 15 heures et 00heure. 23,77 % des enfants ont été contre référés et retournés à l’origine de la référence.
La référence et contre-référence doivent donc être organisées comme un réseau qui comprend les structures de prévention et de prise en charge avec tous les acteurs oeuvrant dans un espace géographique, sanitaire et démographique bien délimité qui est la zone sanitaire

Références

1. UNICEF : Evaluation des besoins en soins obstétricaux et néonataux d’urgence au Bénin : Rapport final 2011 : 17 – 19.
2. Sidiki B. Les urgences obstétricales dans le cadre de la référence et de la contre référence au service de Gynécologie obstétrique à l’hôpital de Sikasso. Thèse méd : Université de Bamako. N° 025. 2008
3. Thiero M. Les évacuations sanitaires d’urgence en obstétrique à l’hôpital Gabriel Touré à propos de 160 cas. Thèse Med, Bamako, 1995, N°17.
4. BALDE M. D Basted G. Decrease in uterine rupture in Conakry, Guinea by improvements in transfert management. Int J Gynécol. Obstet 1990 ; 31 : 21-24.
5. Grégoire K. Référence sanitaire à la clinique universitaire de Kinshasa, mémoire de spécialisation en Gynéco obstétrique, Université de Kinshasa. 2000
6. Bashir A. La mortalité maternelle au Pakistan. Succès dans le District de Faisalabad, Bul .Méd. I.P.P.E., 1991, 25(2) :1-3.
7. Diarra O. Les urgences obstétricales dans le service de gynécologie et d’obstétrique de l’hôpital du Point-G. Thèse med : Université de Bamako. N° 17 2000
8. Barbara J., Jo Ann. L., Nadine B. et Peter L. Santé reproductive en Afrique sub- saharienne : les questions et les choix. F.H.I., Recherch. Triangle Park N.C. USA 1984.

La vie de l'Anesthésie