Management of paediatric anaesthesia in university hospital of Brazzaville

juillet 2011, par Otiobanda GF , Mahoungou-Guimbi KC , Odzebe A.W.S , Mboutol Mandavo C , Ekouya Bowassa G , Kangni-Freitas N

Introduction

L’anesthésie pédiatrique comporte de nombreuses particularités liées aux différences anatomiques, physiologiques et psychologiques rencontrées tout au long de la croissance de l’enfant [1]. Bien qu’elle soit l’une des spécialités les plus difficiles, elle est également l’une des disciplines médicales qui apporte le plus de satisfaction personnelle [1].

La prise en charge anesthésique de l’enfant s’est sensiblement modifiée durant ces dernières années. Elle nécessite de la précision et de la rigueur de la part de l’anesthésiste et du chirurgien. Elle requiert également un haut niveau d’efficacité de toute l’équipe soignante qui participe à sa prise en charge
[ 2 ]. L’objectif de cette étude était d’évaluer la pratique de l’anesthésie pédiatrique au centre hospitalier et universitaire de Brazzaville.

Matériel et méthodes

Il s’est agi d’une étude rétrospective, descriptive de 12 mois (01 janvier au 01 décembre 2008). Les enfants de 0 à 16 ans ayant subi une anesthésie au bloc opératoire du centre hospitalier et universitaire de Brazzaville ont été inclus. Les enfants ayant subi une amygdalectomie et/ou une adénoïdectomie n’ont pas été inclus du fait qu’ils font partie du service d’oto-rhino-laryngologie. Une fiche d’enquête a permis de collecter les données à partir des dossiers d’anesthésie et de chirurgie. Les paramètres étudiés étaient :
- les données démographiques : la fréquence, l’âge, le sexe
- les données de la consultation pré anesthésique : la classification ASA, la technique anesthésique ;
- les données per opératoire : la personne réalisant l’anesthésie, le type d’induction, les produits utilisés, le contrôle des voies aériennes, le monitorage per opératoire (Sp02, FC, la pression artérielle non invasive, la diurèse) ; les accidents anesthésiques per opératoires ;
- les données chirurgicales : les circonstances de la chirurgie, la pathologie chirurgicale.

Les données ont été saisies sur épi-info version 3.5.1 et l’analyse sur le logiciel SPSS 11.5.

Résultats

Durant la période d’étude 180 enfants ont subi une anesthésiés sur un total de 1591 patients opérés soit une fréquence de 11,31%. L’âge moyen était de 5,4  0,69 ans (extrêmes 1,8 mois et 16 ans). Les enfants de plus de 02 ans représentaient 61,7% des cas. Le sexe masculin représentait 119 enfants (66,1%) et le sexe féminin 61 enfants (33,9%) soit un sex ratio de 1,85. La consultation pré anesthésique a été réalisée chez 153 enfants (85%). Les enfants de classe ASA 1 et 2 représentaient respectivement 141 cas (78,3%) et 11 cas (6,1%). La prémédication était réalisée sur table opératoire de façon systématique chez 155 enfants86,1%) utilisant l’association atropine, valium et celèstène. L’anesthésie générale était réalisée chez 178 enfants (98,9%) et la rachianesthésie chez 02 enfants (1,1%). L’induction par voie intraveineuse a été réalisée chez 175 enfants (97,2%) et inhalatoire chez 05 enfants (2,8%).
Les différents produits anesthésiques utilisés pour l’induction sont rapportés dans le tableau I .

Et ceux utilisés pour l’entretien dans le tableau II.

Le fentanyl a été utilisé en per opératoire chez 142 enfants (78,8%). Le contrôle des voies aériennes a été assuré par une intubation endotrachéale chez 170 enfants (94,4%). La ventilation était manuelle chez 163 enfants (90,6%), contrôlée chez 7 enfants (3,9%) et spontanée chez 8 enfants (4,4%). Le monitorage per opératoire a concerné 79 enfants (43,9%). Les paramètres monitorés étaient la Spo2 (31,1%) ; la fréquence cardiaque (15%) ; la pression artérielle non invasive (17,7%) ; la diurèse
(0,5%). L’anesthésie a été réalisée par un infirmier anesthésiste diplômé d’état dans 176 cas (97,8%) et par un médecin anesthésiste-réanimateur dans 4 cas (2,2%).

Seize enfants (8,8%) ont été transfusés. La chirurgie était réglée dans 147 cas (81,7%) et en urgence dans 33 cas (18,3%). La durée moyenne de la chirurgie était de 01 heure (extrêmes 7 minutes et 4,5 heures). La place des différentes pathologies chirurgicales est représentée dans le tableau III

Discussions

L’anesthésie pédiatrique a représenté le dixième de toute l’activité du bloc opératoire. Ce taux est de loin inférieur de celui trouvé dans d’autres séries : 23% au Maroc, 20% en Tunisie [3]. Ce taux faible dans notre étude s’explique par le fait qu’il n’existe pas de centre spécifique à l’anesthésie pédiatrique ; certains enfants sont opérés dans d’autres centres hospitaliers.
L’âge moyen de nos patients est identique à celui retrouvé dans d’autres études africaines [4].
La majorité des enfants ont été vus en consultation d’anesthésie et avait un état préopératoire satisfaisant. Ce qui est une constance en anesthésie pédiatrique. La prémédication était systématiquement réalisée sur table opératoire. Les produits utilisés pour la prémédication étaient une association : atropine, diazépam et célestène. Cette pratique ancienne presque abandonnée est toujours de mise dans notre contexte. Ce qui pose le problème de la formation continue du personnel. Actuellement, c’est la prémédication à visée anxiolytique qui est utilisée [5].
L’anesthésie générale a été utilisée presque seule. L’induction a été exclusivement intraveineuse. Le propofol était le produit le plus utilisé suivi du penthotal et de la kétamine. Pour KABORE à Ouagadougou le propofol était le produit le plus utilisé suivi de l’halothane [4]. En France le propofol et le sévoflurane viennent en première position [5]. Cette différence s’explique par le fait qu’actuellement en anesthésie pédiatrique, on utilise les produits dont les délais d’action et la vitesse d’élimination sont rapides et leur tolérance cardiorespiratoire grande ; le sévoflurane n’étant pas disponible dans notre structure. L’entretien a été assuré par l’halothane dans 67,2% des cas. Dans les autres cas il était assuré par des réinjections d’hypnotiques. Malgré ses effets cardiorespiratoires, effets néfastes, l’halothane reste l’agent inhalatoire de choix dans notre pratique quotidienne du fait de sa disponibilité et de son coût relativement faible. Nos résultats sont identiques à ceux rapportés au Maroc par Hmamouchi et collaborateurs [3]. Le Fentanyl a été le seul morphinomimétique utilisé en per opératoire dans 78,8% des cas. Les autres enfants n’ont pas bénéficiés d’une analgésie. Cela s’explique par la hantise d’un retard de réveil chez ces enfants qui ont eu à subir des interventions de courte durée. Alors que les complications mineures de l’anesthésie ne sont pas rares. une partie d’entre elles est directement imputable à une analgésie insuffisante [6].

La majorité de nos enfants ont bénéficié d’une intubation de la trachée comme dans d’autres études africaines [4] ; la ventilation était mécanique dans 3,9% des cas tandis qu’elle a concerné 55% des enfants à Ouagadougou ; cette différence s’explique par le fait que nous ne disposant pas des respirateurs adaptés aux petits enfants.

Le monitorage per opératoire n’a concerné que 43,9% des cas ; la saturation périphérique dans 31,1% des cas et la fréquence cardiaque dans 1,5% des cas, ce qui pose le problème de la sécurité en anesthésie alors que le service dispose de moniteurs multiparamétriques. Cette situation peut s’expliquer par le manque de maitrise de l’utilisation de ces paramètres car il s’agit d’un matériel nouveau.

L’anesthésie a été réalisée par un infirmier anesthésiste diplômé d’état dans 97,8% des cas du fait du nombre insuffisant de médecins anesthésistes réanimateurs.

Les interventions programmées ont concerné 81,7% des cas tandis que KABORE trouve 43,4% des interventions en urgence. Les spécialités chirurgicales

Références

  1. E. Wodey. Anesthésie pédiatrique In Kamran SAMII, Anesthésie réanimation Chirurgicale, 3ème édition, 2003 Flammarion : 534 - 574
  2. P. Preeta, G. George. Principes de l’anesthésie Pédiatrique In Rebecca Jacob, comprendre l’anesthésie pédiatrique, 2008, B.I. Publications Pvt Ltd : 1-10
  3. B. Hamamouchi, S. Nejmi, S. Benkhalifa,A. Dehdouh, A. Chlilek. Morbimortalité en Anesthésie pédiatrique au Maghreb. Ann Fr Anesth Réanim 2009 ; 28 : 671-673
  4. F. Kabore, E. Bandre, A. Sanou, I. Ouedraogo, N. Ouedraogo. Prise en charge anesthésique des urgences pédiatriques au Centre Hospitalier Universitaire Pédiatriques Charles de Gaulle de Ouagadougou. JAMU 2008 ; 1 : 40
  5. I. Constant. Anesthésiques généraux en pédiatrie : risque ou bénéfice. Ann Fr Anesth Réanim 2007 ; 26 : 516-523
  6. I. Murat, A. Rigouzzo. Les risques de l’anesthésie pédiatrique. Conférences d’actualisation SFAR, 2005 :11-25.

La vie de l'Anesthésie