juin 2014, par Babo CJ , Ayé Y.D , Soro L. , Bouh KJ , Konan K.J. , Yéo TLP , Amonkou A.A.

Introduction : La lidocaïne hyperbare à 5% a été impliquée dans des accidents sévères et surtout définitifs à type de myélite, d’arachnoïdite, paraplégie ou de syndrome de la queue de cheval [1]. En revanche, cette neurotoxicité n’a pas été démontrée avec la bupivacaïne. Nous rapportons un cas de toxicité neurologique de la bupivacaïne injectée par voie intra-thécale au cours d’une césarienne.
Observation : Une patiente de 24 ans est admise au bloc opératoire d’obstétrique le 03 juin 2014 pour une césarienne pour souffrance fœtale. La visite pré-anesthésique permet de classée la patiente ASA 1 et l’indication d’une rachianesthésie est posée et réalisée le même jour. Dix minutes après l’injection de la bupivacaïne (10mg) associée à la morphine (100mcg) et au fentanyl (25mcg), la patiente aurait présenté une hypotension artérielle sévère, une bradycardie suivie d’un arrêt cardio-respiratoire. Une réanimation cardio-circulation et respiratoire permet la reprise de l’activité cardiaque et la poursuite de l’intervention chirurgicale. Elle est transférée en réanimation en postopératoire pour la poursuite de la prise en charge. Elle bénéficiera d’une neuro-sédation et d’une ventilation mécanique. L’évolution sera marquée par une amélioration progressive de l’état de conscience, l’apparition de troubles de l’humeur (pleurs incessants), d’une paraparésie spastique côté à 0/5, une aphasie et une hyperesthésie cutanée aux membres inférieurs. La tomodensitométrie cérébrale réalisée à J23 était normale et l’IRM lombo-sacrée mettait en évidence un remaniement canalaire L4-L5 et L5-S1 faisant évoquer une arachnoïdite adhésive. Après l’adjonction de vitamines B et une kinésithérapie, la patiente est adressée en neurologie d’où sa sortie a été autorisée devant une amélioration progressive de son état clinique.
Conclusion : le nombre de réactions allergiques aux anesthésiques locaux a diminué de manière significative depuis l’utilisation des amino-amides. Ces réactions allergiques sont rares cependant rapportées dans la littérature.

1Sztark François Revue Anesth Réa et de Med d’Urg. 2009 ;1:1-7.

La vie de l'Anesthésie