HIV and pregnancy at Cotonou armies instruction hospital : therapeutic aspect and forecast

janvier 2014, par Tshabu-Aguèmon C , Adisso S , Houndeffo T , Klikpezo R , Fagnigbo P

Introduction

En ce début du 3è millénaire, l’infection à VIH demeure une pandémie dont l’ampleur va grandissante. Dans la région africaine, l’infection par le VIH est essentiellement transmise par la voie sexuelle. Parmi les gestantes atteintes du VIH, nombreuses sont celles qui se posent des questions sur l’impact du VIH sur leur grossesse et craignent donc de transmettre le virus à leur nouveau-né. De récentes études ont démontré qu’avec de bons soins prénataux, le recours à des médicaments anti rétroviraux et un bon système de soutien, les femmes qui vivent avec le VIH ont désormais beaucoup plus de chance de vivre une grossesse sans problèmes et de donner naissance à des enfants en bonne santé et séronégatifs. [1]. Au Bénin d’après l’étude menée par le centre national de lutte contre le sida (CNLS), la prévalence tourne autour de 2% depuis 2006. Depuis 2009, les protocoles de prise en charge ont évolué. Notre étude avait pour objectif de déterminer la séroprévalence chez les gestantes à la maternité de la garnison de Cotonou, d’identifier la proportion d’enfants séronégatifs et d’évaluer l’impact du VIH sur les nouveau-nés.

Patientes et méthode

Nous avions réalisé notre étude à la maternité de l’hôpital d’instruction des armées de Cotonou. Il s’agissait d’une étude rétrospective et analytique couvrant la période du 1er janvier 2010 au 30 Juin 2012. Toutes les gestantes vues en consultation pré natale et dépistées séropositives au VIH étaient incluses. Saixante-onze (71) patientes étaient retenues. Les paramètres suivants étaient étudiés : l’âge, la gestité, le taux de CD4, le stade OMS, les affections opportunistes, la voie d’accouchement et le PCR du nouveau-né. Les données étaient saisies sur MicrosoftWord et analysées sur épi infoversion 6 FR.

Résultats

Nous avons colligé 71 cas. L’âge variait de 18 à 45 ans avec une moyenne de 31.5 ans. La tranche d’âge de 30 à 34 ans étaient la plus touchée avec un pourcentage de 33.8%. Les commerçantes, les artisans et les ménagères représentaient les catégories les plus touchées soit respectivement 39.44% , 25.35% et 21.13% (tableau I).

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Soixante-dix femmes étaient mariées et une seule vivait en concubinage. vingt femmes (28,17%) n’étaient pas scolarisées, 30 femmes (42,25%) avaient le niveau primaire, 16 femmes (22,54%) le niveau secondaire et 5 femmes le niveau supérieur. Les primipares étaient les plus touchées dans une proportion de 45.07% tandis que les grandes multipares étaient les moins touchées avec un pourcentage de 2%. Parmi nos patientes, 41 soit 57,8% étaient pauci gestes.
Soixante-sept femmes avaient effectué au moins 4 consultations prénatales selon les recommandations de l’OMS. cinq femmes avaient bénéficié des trois échographies recommandées et 11 n’avaient pas du tout fait d’échographie. Les complications au cours de la grossesse étaient dominées par l’anémie dans 29.58% des cas suivie des menaces d’avortement et des menaces d’accouchement prématuré respectivement dans 15.49% et 14.08% des cas (figure 1).

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Vingt et une femmes se reconnaissaient séropositives avant la grossesse et 50 cas sont découverts lors des CPN. Toutes l’étaient au VIH1. Quatorze femmes sur les 71 n’avaient pas pu réaliser le dosage de CD4 soit 19.7%,
Neuf femmes soit 50.57 % avaient un taux de CD4 inférieur à 350cell/ ml et 28 femmes soit 49.43 % un taux de CD4 supérieur à 350 cell/ml. Cinquante-sept femmes étaient classées au stade 1 et 9 femmes au stade 2 (figure 2)

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Vingt-deux femmes soit 31% avaient bénéficié d’un traitement prophylactique aux antirétroviraux (ARV), 48 femmes soit 67.6% étaient mises sous le traitement curatif aux ARV et une femme avait refusé le traitement. Cinquante-une femmes ont accouché par voie basse et 20 par césarienne parmi lesquelles 5 indications pour prévention de la transmission materno-foetale.
Soixante-huit enfants sont nés vivants soit 95,2% et 3 sont mort-nés soit 4,8%. Les 68 nouveau-nés vivants ont tous bénéficié d’un traitement prophylactique aux ARV. Parmi le PCR 1 des 68 nouveaux nés vivants, 60 nouveaux nés ont un PCR1 négatif soit 88.24% et 8 avaient un PCR 1 non documenté. Vingt-quatre des nouveaux nés des 29 mères ayant un taux de CD4 inférieur à 350cell ont leur PCR négatif et 5 leur PCR non réalisé.
Discussion
L’hôpital d’instruction des armées est l’un des centres hospitaliers au Bénin qui assure le protocole de l’élimination de la transmission du VIH mère enfant. Deux mille neuf cent quarante trois (2943) gestantes ont été dépistées pendant la période d’étude dont 71 cas positifs au VIH soit 2.4% alors que selon Pichard, l’infection à VIH est présente chez 1% des femmes enceintes en consultation prénatale en milieu rural [2]. L’âge moyen de nos gestantes était de 31.5 ans. Pour Bassali [3] l’âge moyen des gestantes était de 27. La population jeune constitue la couche la plus vulnérable. Ceci pourrait être dû au fait qu’en Afrique les jeunes filles débutent précocement l’activité sexuelle et surtout la pratique des mariages précoces expose la majorité au risque de contamination. La majeure partie des femmes séropositives était non instruite où au plus avait un niveau primaire. Malgré cela, la compréhension et l’adhésion des femmes aux activités de PTME étaient aisées. Dans la majorité des cas, elles vivent en couple, ceci pourrait être un atout pour une cohésion du couple à l’annonce du statut sérologique de la mère. Dans notre étude 100% de nos gestantes sont infectés par le VIH-1 ; ces chiffres se rapprochent de ceux rapportés par le centre national de transfusion sanguine (CNTS) d’Abidjan où l’infection VIH-1 concernait 87% de leur gestantes. En Afrique subsaharienne, région la plus touchée du monde par la pandémie de l’infection par le VIH, la prévalence de l’infection par le virus du type 1 (VIH-1) dépasse 90% chez les gestantes selon Delaport [4]. Parfois il y a rupture des réactifs, ce qui expliquerait que toutes les patientes n’ont pas eu les résultats des CD4. Dans notre série plus de la moitié de nos patientes ayant bénéficié du dosage des CD4 avaient un taux supérieur à 350cells/mm3. Toutes ces patientes ont bénéficié du dosage de CD4 et des ARV grâce à l’implication des autorités béninoises avec le projet de la prévention de la transmission mère-enfant au VIH. Ce qui donne à ces gestantes séropositives l’espoir d’un lendemain radieux.
La voie basse a été le mode d’accouchement le plus fréquent avec 71.8% ; ce constat a été fait par Bakayoko A. [5] qui avait trouvé 83,90% d’accouchement par voie basse. La voie basse est le mode d’accouchement de prédilection dans toutes les séries sus citées. Cependant, selon Mandelbrot L. et coll., les femmes séropositives ayant eu recours à la césarienne entre 1999-2000 étaient de 40-45% aux Etats-Unis et 78% en Europe.[6]. Ces auteurs précisent que le recours à la césarienne associée à un traitement antirétroviral a permis de réduire le taux de transmission à moins de 2% dans les pays développés. L’accouchement par voie basse doit donc être privilégié car elle n’aggrave pas le pronostic périnatal dans la transmission du virus.
Tous les nouveau-nés ont bénéficié de la prophylaxie ARV en bithérapie ou trithérapie expliquant la bonne observance dans la prise en charge pour réduire le risque infectieux. Cette prophylaxie ARV a été rendue possible grâce à l’implication des hautes autorités, qui ont fait de cette pandémie, une priorité. Concernant le type d’alimentation des nouveau-nés de mères séropositives, le choix a été porté sur l’allaitement artificiel exclusif avec 90% des cas. En effet, la quasi-totalité des femmes ayant adhéré au counseling, au dépistage et ayant bénéficié de la trithérapie au cours de la grossesse, s’est montrée déterminée à faire le choix de l’allaitement artificiel exclusif comme mode d’alimentation de leurs nouveau-nés. Les 60 nouveau-nés documentés ont un PCR-1 négatif soit 100%. Ce résultat est identique à celui réalisé par Abodohouin et coll. [7] en 2010. Cela pourrait s’expliquer par l’application des méthodes de la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) et la qualité de la prise en charge de ces gestantes depuis le dépistage jusqu’à l’accouchement. Par contre selon une étude réalisée par Koumakpai [8] 7% des nouveau-nés avaient leur PCR-1 positif. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que 57% de nos gestantes étaient vues à un stade moins avancé et 49.43% avaient un CD4 supérieur à 350cell/mm3.
Conclusion
Une bonne adhésion au programme de prévention de la transmission mère-enfant au VIH des gestantes séropositives au VIH permet d’améliorer le pronostic foetal et celui du nouveau-né.


Références

1. ONU-SIDA : Rapport sur l’épidémie mondiale du VIH/SIDA 2002. Genève/OMS ;
2. 2002, VIH (édition 2004)
3. Pichard E, Guindo A, Grossetete G, Fofana Y, Maiga YI, Koumare B et al. L’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) au Mali. Med Trop. 1988 ; 48 :345-349.
4. F. Bossali, R. Taty-Taty, P. Houssissa, W. N’suele, L. G. Lingouala, E. N. Ontsira, Obengui. Séroprévalence de la co-infection hépatite B, hépatite C et VIH chez des
5. femmes accouchées à la maternité de l’hôpital Adolphe Sicé de Pointe-Noire en 2010. J. Afr Hépato-Gastroentérologie . 2012 ; 6 : 315-319
6. Delaporte. Actualités sur l’infection à VIH en Afrique subsaharienne. Med trop 2004 ; 59:57-9
7. Anagonou Y. S. Manifestations cliniques du SIDA chez l’adulte en zone tropicale. PNLS (édit) : Cotonou, 1998 : 7 pages.
8. Michel C. Philippe M.Nicolas M ET Coll. : Attitude of pregnant woman towards HIV testing Abidjan, Cote d’ivoire And Bobo- Dioulasso, Burkina Faso : For the DDITRAMA study Group (ANRS.049 clinical
9. TrialAbodohouin et coll. : Référence précoce des gestantes dépitées séropositives vers l’HIA Cotonou : 2012, 3 pages.Koumakpaï S. : Prise en charge de l’enfant infecté par le VIH en Afrique. PNLS (edit) : Cotonou, 2000 : 9 pages Boyer
10. P .J, Dillon M, Navoie M and al. : Factors predictive of martenel –fetal transmission of HIVI : prelimary analysis of zidovudine given during pregnancy and /or delivery.JAMA. 2OO4 ; 271:1925-1930.
11. Diouf A ; Kebe F ; Faye E ; et Al. L’infection par le VIH chez la femme enceinte à Dakar (Sénégal) J. Gycecol obstet Biol Reprod 1996, 23 :283-7
12. European collaborative study .Swiss Mother and child HIV cohort study. Combinaison antiretroviral therapy and duration of pregnancy. AIDS 2002,14:2391-20.ONU SIDA/OMS : Le programme commun des nations Unies sur le VIH/SIDA. Le point sur l’épidemie de SIDA. Rapport spécial sur la prévention du VIH, décembre 2005.

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